Mon coté mec

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Depuis 2 mois maintenant, je fais du covoiturage. Pour le bien de la planète. Nooooooon, je rigole, pour le bien de mon portefeuille évidemment.  Et force et de constater que 3 heures de voiture par jour 5 fois par semaines, ça te tisse des liens puissance grand V.

Avec Robert (nom d’emprunt, of course), maintenant c’est à la vie à la mort, on se dit tout, comme des amis des 20 ans. Tant et si bien qu’on est franco de port et d’emballage l’un envers l’autre, pas de faux semblant.

Ce qui a amené Robert l’autre jour à me dire que « toi c’est pas pareil, t’es comme un mec » dans une conversation ou l’on parlait des filles en général. Je l’ai pris comme n’importe qui l’aurait fait : mal. Et après lui avoir expliqué que c’était rien qu’un con, je lui ai demandé de m’étayer ce propos si désobligeant envers la princesse que je suis. Et lui de me répondre : « je commence par où ? ». Il a commencé, et ça a duré toute la semaine.

« il est 6h30 du mat’, et la première chose que tu me demandes, c’est si j’ai regardé le PSG hier soir. Tu trouves ça normal ? Et quand tu parles foot, t’en parles pas comme une gonzesse : tu sais de quoi tu parles. » Notez mesdames que quand vous parlez foot, votre interlocuteur vous prend en général pour une conne.  Alors je lui ai dit que j’étais ok pour le foot, mais que ça ne faisait pas de moi Josiane Balasko dans Gazon Maudit. « C’est qu’un exemple ». Et en effet, ça allait être qu’un exemple.

Top 10 de mes comportements masculins selon Robert :

  • Tu connais la cote argus de n’importe quelle voiture fabriquée depuis 2000
  • Regarde tes mains, on dirait celle d’un bucheron (effectivement j’ai quelques problèmes avec les cutters)
  • T’attaque en frontal n’importe quel mec qui fait 2 fois ta taille et 3 fois ton poids
  • Tu jures comme un charretier, t’es pas capable de sortir une phrase sans 3 « putain » dedans
  • Tu joues à Call of Duty
  • Quand je te demande un give me five, tu check avec le poing et pas avec la main
  • A la cantine, toutes tes copines bouffent des salades alors que toi tu t’envoies tout ce qu’il y a de plus gras.
  • Tu détestes le shopping, et t’es incapable de parler chiffon.
  • T’aimes pas les ragots, t’es jamais au courant des potins, je suis toujours obligé de te mettre au courant.
  • Et quand je dis un truc qui te plaît pas tu me décoches des coups de poing  dans l’épaule.

« Ou c’est que t’as vu qu’une meuf faisait tout ça ?? »

C’est sûr que vu comme ça, je me suis dit qu’il me manquait que la chemise de bucheron, et que le beau gosse du bureau que je convoite en secret est pas prêt de tomber amoureux.

Et là j’ai trouvé la parade qui allait mettre fin à cette conversation sans intérêt : « tu connais d’autres filles avec qui tu pourrais discuter 15 heures par semaine NON STOP ??? ». « c’est pas faux » qu’il a dit. « Alors ta gueule, putain ».

Excusez-moi d’être maigre.

Je sais ce que vous vous dîtes à la lecture du titre de ce post : « elle se prend pour qui cette conne ? ». Je vous arrête tout de suite : je ne viens pas me vanter, je viens chercher un peu de compassion pour les filles, qui comme moi, sont maigres comme des clous.

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Parce que je ne doute pas que les rondes ont leur lots de complexes et de problèmes, mais les maigrichonnes aussi n’ont pas la vie simple. Alors aujourd’hui je viens pousser un coup de gueule : c’est pas facile non plus d’être (très) mince, merci d’en prendre bonne note.   

 

Tout d’abord il y a les remarques désobligeantes. Sous couvert de taquinerie façon « tu vas pas le prendre mal parce que t’as de la chance d’être comme ça », on s’en prend plein la tronche : « tu vas bientôt perdre un os », « tu t’habilles au rayon enfant ? », « si tu tombes tu te casses », quand on te soupçonne pas d’être anorexique ou boulimique, voir les deux. Non, je vous assure, on peut avoir un métabolisme un peu hors du commun. Je mange comme 4, toute la journée je boulotte tout ce qui me passe devant le nez, tout ce qui est bien gras, bien sucré, mais voilà : je m’autodigère. Si j’ai le malheur de sauter un repas, c’est un kilo en moins sur la balance que je vais mettre 1 semaine à reprendre. Parce que oui, il y a des filles qui cherchent à prendre du poids. Et quand on tente de l’expliquer, on s’entend dire « t’as de la chance j’aimerais bien être comme toi » : non, je t’assure, t’aimerais pas.

 

Parce que oui on est complexée. Parce que non, on ne peut pas tout porter : on a très vite fait de ressembler à un porte-manteau. D’autant plus que s’habiller ressemble au parcours du combattant : le 34 est quasiment inexistant, et quand tu as le malheur d’expliquer à la vendeuse que le 36 est trop grand, elle pense que tu y mets de la mauvaise volonté : « mais faut pas que ça colle trop non plus ». Je m’en doute, mais faut non plus qu’on ait l’impression que j’ai chié dans mon froc tellement ça baille par manque de fesse. Si c’est pas trop demander.

Quand on se regarde dans la glace, on voit des os, beaucoup d’os. Toutes mes côtes sont apparentes, j’ai l’impression d’être un support de sciences naturelles.  Quand à mes os des hanches, ils frottent sur toutes les ceintures (obligatoires !), jusqu’à laisser ma peau en sang. Très glam’.

 

Se soigner n’est pas aussi une partie de plaisir : parce que pour l’industrie pharmaceutique, le patient moyen fait forcément plus de 50 kilos : du coup la moitié des médicaments ne sont pas adaptés, et on se retrouve avec les formats enfants qui forcément ne sont adaptés non plus aux pathologies adultes.

 

Voila, c’était un petit coup de gueule en passant. Essayez de regarder mes congénères différemment, et la prochaine fois que vous balancerez une vanne à votre copine toute mince, n’oubliez pas qu’elle a aussi un cœur, pas forcément proportionnel à son poids.

 

Les soldes ne m’auront pas (ou un peu moins)

Il y a deux périodes dans l’année ou je suis très malade : la période des soldes. Je contracte ce qu’on l’on appelle la fièvre acheteuse. En temps normal, je suis très réfléchie : les achats impulsifs ne me concernent pas. Je compare, je tergiverse, je prends le temps : chaque euros investi est mûrement réfléchi. Mais en période de solde, je suis aveuglée par les prix barrés.

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Alors tous les ans c’est la même mélodie, je dépense compulsivement dans des trucs inutiles. Des robes que je porterai jamais parce qu’aucune occasion de ma vie sociale ne s’y prêtera, des chaussures avec des talons de 12 alors que je sais pertinemment que je suis incapable de marcher avec sans ressembler à Bambi, des appareils électroménager que j’utiliserai une fois et qui prendront la poussière pour le restant de leur vie avec moi : j’achète n’importe quoi sous le prétexte fallacieux que « ça vaut le coup ».  Du coup je vais passer les 6 mois suivant à essayer de tout revendre : videdressing.com et leboncoin.fr peuvent me dire merci de faire tourner leur boutique.

 

Cette année j’ai décidé de faire table rase du passé et de partir sur de nouvelles bases.

Je me suis donc d’abord fixé un budget. Et le dit budget vient uniquement du montant de ce que j’ai pu vendre : soit 175 euros. (pour les curieuses, mon vide dressing c’est )(c’est pas moi sur les photos)(oui j’ai pas toujours bon goût)(tout me monde peut se tromper).

 

Partant de cette somme, il va falloir la jouer serrer. Ca va donc consister à acheter uniquement des choses utiles : exit les trucs à paillettes, en plumes, ou à poils.

Sur ma liste, il y a donc cette année :

  • 2 robes (avec lesquelles je peux aller travailler – donc simples)
  • 2 pantacourts (avec lesquels je peux aller travailler – donc pas trop sport ni pyjama)
  • 1 paire de chaussures ouvertes, en cuir, confortables, qui iront avec les robes et pantacourts pré-cités.
  • 1 sac à main blanc
  • 1 maillot de bain 2 pièces et qui ne me laisse pas les seins à l’air quand je saute dans la piscine.
  • Si le budget le permet, 1 ou 2 tops.

 

Là je sais ce que vous vous dites : elle va exploser son budget. Et bien non, parce que cette année, je n’irai pas dans les boutiques, je me contenterai d’internet. Et avec internet, c’est faisable, essentiellement avec mes amis de la redoute. Même si je retourne en principe la moitié des articles que je commande, je suis en général assez satisfaite. Par contre cette année je n’ai pas reçu le ptit catalogue des remises, et ça me rendait bien service pour anticiper. Donc si vous savez ou je peux le trouver sur le net, vous seriez des vraies copines de me le faire savoir.

 

Et vous, quels sont vos bons plans soldes ?

Je suis bordélique.

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J’ai beau jurer le contraire, je dois l’admettre, je suis bordélique.

Autant au bureau je suis ultra organisée, très carrée, limite nazi, autant chez moi c’est la foire du slip.  Chaque week end quand vient l’heure du ménage (je suis une bordélique hygiénique, je n’ai pas encore besoin de l’intervention des mamies de « c’est du propre »), je me pose la même question : comment une seule personne peut elle transformer 90m2 en une réplique du passage de l’ouragan Sandy, le tout en une semaine, sachant que je passe 12 heures par jour hors de chez moi. Attention les lycéens, le problème pourrait tomber au bac, et vous n’aurez que 4 heures pour trouver une réponse décente.

 

On commence par la cuisine. La pièce la plus dramatique. La vaisselle propre de toute la semaine attend désespérément qu’on vienne la ranger. Elle obstrue totalement l’évier, et au fur et à mesure de la semaine, les meubles autour. Quand à la table de la cuisine, c’est un vide poche géant : à chaque fois que je rentre, tout ce que j’ai dans les mains atterrit dessus, sans jamais en redécoller. Ce qui fait que tout le courrier de la semaine, les prospectus, les sacs vides, les sacs pleins, le parapluie, m’emmerdent à chaque fois que je veux manger à table. Résultat des courses, je vais manger au salon.

 

Le salon évidemment ne fait pas exception à la règle. La table basse est envahie par tous les emballages de sucreries que j’ai pu entamer chaque soir, sans jamais repartir dans le placard. Si je regarde un DVD, la boite jonche le sol, devant la TV. Si j’ai eu froid, la couverture est en boule, si j’ai eu chaud, 4 pulls se languissent sur le canapé.

 

Continuons vers la salle de bain : ici on se croirait dans les cabines d’essayage de H&M à la fin d’un samedi de soldes : 1 millions de vêtements trainent là, tous quasiment propres, tous froissés, ce qui fait que je vais tous les relaver parce qu’au final, je sais plus trop ou j’en suis. On ne parle pas de tous les cosmétiques qui inondent l’évier, ce serait trop facile.

 

Le bureau n’est pas en reste. La totalité de mon courrier (qui a été déplacé de la table de la cuisine) depuis que j’ai emménagée recouvre chaque centimètre de bureau. A chaque fois que je dois retrouver un document, je pars en expédition spéléologique. La déclaration d’impôt approchant, faut que je pense à poser des congés.

 

Nous finirons par un bref coup d’œil à la chambre, la pire de toute. Une explication simple a tout ce qui jonche le sol : étant donné que personne n’y va à part moi, dès que quelqu’un me prévient de sa venue, je déplace tout dans cette pièce. Si vous suiviez Friends, ma chambre, c’est un peu de placard secret de Monica.

 

Bref, chaque semaine quand je retrousse mes manches, je déclame inlassablement la même résolution : à partir de maintenant je range. Et ce n’est jamais arrivé.

La housse de couette, ennemie de la célibataire

Couette-déprime

Le samedi, c’est le jour de la grass’ mat, du remplissage de frigo et du nettoyage de litière de Pompon. Et du changement de housse de couette. C’est sur ce dernier point que j’aimerais revenir aujourd’hui.

La housse de couette a envahie nos maisons dans les années 90. Elle était censée révolutionner le linge de lit, fini de passer une heure tous les matins à tenter de faire un lit au carré : avec la couette, un coup d’épaule et le tour est joué. C’est super, c’est du temps de gagné, c’est l’émancipation de la femme, allons brûler nos soutien-gorge.
Oui, mais.
Car il y a un mais, et de taille : quand tu es célibataire, il faut poser une journée de RTT pour la changer. Car faut que je vous dise, je pense que l’objet de ma colère a été conçu pour être changé au minimum par 2 personnes simultanément, 4 dans l’idéal, mais sûrement pas par une seule dotée uniquement de 2 bras.

Psychologiquement, il faut être préparé. La motivation est l’élément clef de la réussite. Le temps aussi. L’erreur de la débutante est de retirer l’ancienne housse, et de se dire « je la remettrai plus tard ». Parce que tu reviens jamais, sauf au moment de te coucher, quand t’es bien morte, et là t’as plus que t’es yeux pour pleurer.

Tout d’abord, pour attaquer, il faut savoir dans quel sens prendre la couette elle-même. Quand tu as une 200×200, pas de soucis. Par contre quand tu fais l’erreur comme moi de prendre une 220×240, ça se complique. Parce que oui, 20 cm, ça change tout. C’est ce qui va former cette énorme bosse informe qui va t’obliger à recommencer l’opération depuis le début. J’ai bien un moyen mnémotechnique : les lignes sur la couette. Sauf que je ne me rappelle jamais si je dois me dire « elles doivent être à l’horizontale parce que je dors couché », ou « elles doivent être verticales à l’inverse de quand je dors ». 3 fois sur 4 je me plante.

Alors bien sûr on y va progressivement : on installe le drap de dessous, les oreillers, le traversin. Comme un échauffement. Mais y’a un moment où il faut se lancer. Bouteille d’eau à proximité, toute fenêtre ouverte pour prévenir les coups de chaud. C’est parti mon kiki.
Je choppe un coin, je tente de choper celui d’en face à l’aveugle. Sauf que j’y vois rien, faut mettre la tête dans la couette. Je suis sous la tente, les coins fixés, faut tenter d’en ressortir. Guidé par la lumière au bout du tunnel, j’en ressors. (A partir de là ton brushing ne ressemble plus à rien, tes cheveux sont tellement électriques qu’ils pourraientt alimenter l’éclairage de la Tour Eiffel.) Cette fois il faut aller cueillir les deux autres coins. Ma technique consiste à me mettre debout sur le lit, et à secouer violemment la couette qui pèse un cheval mort, en espérant que la magie va opérer. Evidemment y’a rien de magique, ça marche pas. Rebelote, tête dans la couette, au bord de l’asphyxie, je réussis à saisir et enfiler les deux coins manquants. Cool, on sort la tête de l’eau, et là : c’est le drame. Les deux coins du dessus sont plus à leur place. On remonte sur le lit, on secoue, encore et encore. A ce stade, mes bras ne sont que douleur, mon front en sueur, mon pouls à 200. On repose le tout, on essaie de défaire les plis en tirant de tous les cotés, ça commence vaguement à ressembler à un coin couchage. Après réflexion, ça ira même très bien.
Je commence à retrouver mon souffle, la satisfaction du travail accomplie aidant. Mais en y regardant bien, il reste quand même une grosse bosse. En plein milieu. Oh purée, mais elle bouge ??? on dirait que ça s’énerve !! mais…oh…non…. Pompon !! Bordel, le chat à réussi s’enfiler dedans, et ne trouve plus la sortie. Tampis, il crèvera là, mais hors de question que je défasse tout.

Mon sac à main, ce vide-grenier.

Comme toutes les filles du monde entier, il me suit partout. C’est un prolongement de mon corps, un organe vital. Sortir sans lui, impossible, ça serait comme sortir toute nue. Non, je ne parle pas d’un mec, je parle de mon sac à main.

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Il y a, à peu près, toute ma vie dedans. Et plus encore. Grâce à lui, en cas de guerre civile, je pourrais vivre en toute autonomie pendant des semaines. Je trimbale un nombre incalculable de merdes : comme une tortue, j’ai ma maison sur le dos.

Les beaux jours aidant, ce matin j’ai voulu en changer. Il a donc fallu que j’en vide un pour mieux en remplir un autre.

 

Petit inventaire de ce que j’y ai trouvé (et retrouvé) :

  • Mon portefeuille, que je ne peux plus fermer depuis 2002. Non pas à cause des liasses de billets, non, plutôt à cause des tickets de cartes bleues que j’entasse méticuleusement. Pas pour faire mes comptes, non, juste au cas où.
  • Un mètre, car tout le monde sait que tu as régulièrement besoin de mesurer des choses. Un meuble, une porte, ton cul.
  • Des abricots secs, des bonbons Krema. L’hypoglycémie nous guette tous, je ne serai pas prise au dépourvu.
  • Un sac plastique vide. Parce qu’on ne contrôle pas une gastro fulgurante. Voir le très bon article plein de vécu de Britbrit à ce sujet.
  • Le double de mes clefs de voiture. Car si je me fais voler mon sac, autant qu’on me vole les 2 clefs de mon carrosse, comme ça je serai bien bien dans la merde.
  • 6 mois de liste de courses, et de tickets de caisse. Si l’envie me prenait de faire des statistiques sur ma consommation de PQ, je le pourrais.
  • Une verrine vide. Et propre. Ca je ne l’explique pas. Mais je devais avoir une bonne raison.
  • Un livre.(de poche, faut pas pousser)
  • 19 briquets. Parce qu’on n’en a jamais assez. Et aussi parce que j’ai la fâcheuse tendance d’en emprunter et tel l’écureuil, d’en faire provision.
  • 2 sticks à lèvres. Je déclare la guerre aux lèvres gercées.
  • 1 clef USB. Si les services secrets me demandent d’infiltrer un réseau de hackers, je suis équipée.
  • L’équipement de base de toute fille : miroir, élastique à cheveux, tampons, mouchoirs.
  • 5 courriers de ma banque. Enveloppes toujours fermées. Ca ne doit pas être grave, sinon mon gentil banquier m’aurait appelé.
  • Toute ma pharmacie ou presque
  • Un sac pliable pour faire les courses. (un sac dans le sac, fallait y penser)

 

Faut que je vous dise, mon sac à main, il pèse une tonne.