Les joies (et les grandes peines) de l’open space

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Pour ceux qui n’ont pas la chance de connaître le concept, petit rappel de notre copain Wikipédia : « Un open space, ou plateau ouvert, est un espace de travail où les bureaux ne sont pas séparés par des cloisons. En conséquence, les personnes se voient et s’entendent entre elles. »

Et c’est rien de le dire. L’open space, c’est la fin de ton intimité, la mort du calme, et le début des emmerdes.

  • Tout le monde à un téléphone portable, mais personne ne semble avoir pris le temps de trouver la touche vibreur et/ou silence. Du coup la journée défile au milieu des canards qui couinent, des avions qui décollent, des clochettes stridentes et vacarmes de piano qui te laissent le cœur dans le dos à chaque fois qu’un SMS arrive.
  • Tu es en pleine conférence téléphonique avec les grands pontes de la direction, mais Josiane et Thérèse s’en balancent. Tu as beau avoir ton index planté dans ton tympan pour montrer que leur conversation sur les bienfaits du choux t’empêchent d’entendre : elles s’en cognent.
  • Tu connais la façon de marcher de chacun, et tu n’as plus besoin de lever la tête pour savoir qui vient t’emprunter un post-it : le talon qui claque à 130 km/h c’est la DRH, le traine-savate c’est le mec de l’informatique, et la basket qui couine c’est le stagiaire.
  • Tu as l’habitude de grignoter tranquillou dans ton coin. C’est fini ça. Dans l’open space, dès que tu ouvres la bouche, tu as droit à « c’est quoi que tu manges ? », « encore ??? », « t’as pas déjeuné ce matin ? ». Du coup tu régales tout le monde pour que chacun aie la bouche pleine et te foute la paix.
  • Quand tu passes un coup de fil, que ce soit perso ou professionnel, tout le monde en profite. Du coup exit les prises de RDV chez ton gynéco, et bienvenue à « je réfléchie à chaque mot que je dis » quand on t’appelle pour baver sur ton voisin de bureau.
  • Gérard est bordélique à la maison, il le dit lui-même. Tu t’en fous, tu vis pas avec. Par contre le naturel de Gérard se ressent sur son espace de travail. Du coup tu travailles à coté de la station de traitement des déchets du coin, qui n’arrive plus à faire face à la surchage de merde accumulée.
  • Aujourd’hui tu pars plus tôt : tu oublies de le faire discrètement. « Tu pars déjà ? » arrivera en moins de temps qu’il ne faut pour fermer ton sac à main. Du coup tu te justifie, et tu racontes ta vie. Parce que tu ne peux pas laisser les gens dans le flou : si tu as le malheur de répondre un vague « j’ai un truc à faire » pour ne pas dire que tu vas te faire retirer des verrues plantaires, tu es sure que le lendemain à la machine à café on t’attendra avec un « ca n’a pas l’air d’aller en ce moment, si tu veux en parler… »
  • Le bruit est omni-présent, tout le temps, c’est ta croix. SAUF quand on vient vers toi et qu’on chuchote pour maintenir un semblant de confidentialité : à ce moment précis, tu entends une mouche péter.
  • Simone se prend la tête avec son ordi, parce qu’elle ne voit pas toutes les colonnes dans son tableau excel. Tu l’entends soupirer, maudire la bête, gémir, jurer. A bout de nerfs, tu te sens obligée de te lever et de lui montrer pour la 20ème fois qu’il y a un petit ascenseur qui te permet de te promener dans le fichier.

Mais ne noircissons pas trop le tableau, il a quand même quelques avantages :

  • Quand t’as une question à poser, il te suffit de brailler : « quelqu’un a vu le dossier Bertin ? » « non » « non » « non » « Oui, je l’ai !! »
  • Quand t’as rien envie de foutre, il te suffit de faire un demi-tour sur ton siège pour trouver quelqu’un qui sera dans le même cas que toi
  • Tu as l’impression d’avoir plein d’assistants personnels : quand on te cherche, y’a forcément quelqu’un qui sait ou tu te trouves
  • Quand tu as une bonne vanne, t’as un vrai public pour l’essayer.
  • Finalement, tes collègues c’est un peu ta deuxième famille : tu ne l’as pas choisie, mais tu l’aimes bien quand même. Le matin c’est quand même plus drôle d’attaquer la journée sur un debrief de Top Chef, que tout seul comme un gland dans ton bureau.

Faut que je vous dise, l’open space, j’en changerais pour rien au monde.

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